L’interdiction comme un échec30 septembre 2019

Doit-ton interdire à quelqu’un de s’exprimer sous prétexte que ses idées et son discours sont rances ? Museler quelqu’un, le blacklister et lui interdire toute tribune ne serait-il pas un échec, une bataille perdue sur le long terme, une forme de violence qui intervient quand il n’y a plus d’arguments. Combattre des idées par d’autres idées, une possibilité qui évite la victimisation de l’obscur, l’idolâtrie des adeptes et autres complotistes… À la dangerosité des idéologies, aux discours conservateurs, aux protectionnistes d’un autre âge, opposons des idées et des valeurs profondes. Face à l’ignominie, combattons les causes et les conditions qui les engendrent. Pendant qu’ils construisent l’horreur, sommes-nous à courts d’arguments et de penseurs ?

La liberté d’expression ne mérite-t-elle pas mieux qu’une simple répression ?


51% de démocratie27 septembre 2019

« Une démocratie n’est rien de plus que la loi de la foule, suivant laquelle 51% des gens peuvent confisquer les droits des 49 autres. »

Cette citation de Thomas Jefferson me pousse à la réflexion suivante : tout système qui exclut une part de ses sujets est-il un bon système égalitaire ? En vertu de quoi les volontés majoritaires peuvent-elles s’imposer aux volontés minoritaires ?

Partons du principe que la démocratie directe – et non son simulacre représentatif, soit la solution-miracle pour l’humanité. Dans une société de plusieurs millions d’individus, exiger l’unanimité relève de l’ineptie. Il suffit que l’un des sujets exerce son droit de veto pour faire capoter le projet du plus grand nombre. La majorité s’impose alors comme un substitut idéal mais, sous couvert d’exprimer les volontés individuelles, elle ne peut engendrer qu’un rapport d’inégalité car le vote à la majorité absolue permet au plus grand nombre de l’emporter sur le plus petit dans un simulacre de procédure équitable. La loi du plus fort.

Sujet passionnant, à creuser !


Les médias du spectacle24 septembre 2019

Les médias du spectacle diffusent 24/24 une représentation de la réalité savamment orchestrée qui, peu à peu, aboutit à un constant désordre mental dans notre rapport avec le réel. La dissociation entre l’image d’une action et l’action elle-même est gangrenée. Le spectateur ne se contente plus des faits réels, il préfère basculer dans une hyperréalité, plus attractive et fantasmée.


Artiste : ma définition22 septembre 2019

Le rôle de l’artiste est d’être témoin de son époque. Face aux enjeux climatiques, à la montée du populisme, aux dérives autoritaires, aux inégalités et à la perte progressive de toutes les libertés, son œuvre ne peut en aucun cas se résumer à une beauté décorative. Il se doit d’être engagé et d’utiliser tous les moyens en sa possession pour véhiculer un message fort en faveur des droits fondamentaux.

Depuis 3 décennies, mon travail n’a qu’un seul but : l’engagement ! Chacune de mes œuvres est issue d’une indignation et d’un combat. Derrière chacune d’elles il y a un message, une revendication.

Cette position claire a souvent entravé ma « carrière artistique » mais, je ne conçois pas d’autres alternatives et refuse la moindre concession.

Voici ma définition de « qu’est-ce qu’un artiste » et elle m’appartient !


La destruction est un acte créatif en soi18 septembre 2019

C’est avec un dispositif d’une extrême simplicité que je m’efforce de « détruire » l’œuvre tout juste réalisée. Les traits griffés, traces de peinture et autres ratures de graphite ne résistent pas à la déchirure horizontale, magnifique ligne de séparation qui marque une étape à la construction de l’œuvre.


#hashtags10 septembre 2019

La popularité d’une image sur les réseaux sociaux est dépendante de la pertinence des mots-clefs (#hashtags) qui lui sont associés. Plus la pollution par le dièse est importante, plus l’interaction sera importante. C’est le texte et l’algorithme qui sacralisent l’œuvre. #simulacre


Une distorsion temporelle1 septembre 2019

Nous sommes dans une société dont le fonctionnement est ancré sur un modèle capitaliste à court terme, alors qu’elle doit faire face à des enjeux majeurs qui eux, s’étalent sur le long terme. La rentabilité instantanée est destructrice de tout avenir.